Paiement virtuel et crypto-monnaies

bitcoin-money

Le bitcoin existe depuis 1999, mais son véritable essor date de 2009.

Internet a été conçu pour le partage : documents, informations, valeurs monétaires. Le commerce en ligne et son avatar sur mobile sont en pleine expansion. Une bonne raison pour réfléchir sur les mutations de la monnaie à l’heure numérique.

Le numérique, c’est aussi la dématérialisation des espèces sonnantes et trébuchantes. Avec le chéquier ou les cartes bancaires, le consommateur pouvait se passer d’argent liquide. De la carte bancaire aux applications de paiement sur smartphone, la technologie nous propose un argent immatériel.

Une autre évolution pointe le bout de son nez, les « monnaies digitales » ou crypto-monnaies. Elles ont beaucoup fait parler d’elles depuis 2009. Bitcoin, namecoin, litecoin, peercoin, dogecoin,  darkcoin, ripple ou quark sont les plus notables. Plus que de simples devises, ce sont des nouveaux protocoles d’échanges sur internet.

Que faut-il attendre de ces nouvelles mutations dans notre porte-monnaie ?

La monnaie dans tous ses états

Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote définit trois fonctions à la monnaie : unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire des échange. Sans plonger trop profondément dans un cours d’histoire, retenons que l’apparition de la monnaie indique le passage d’une économie de troc à une économie de marché. En Occident, la plus ancienne des monnaies métalliques connues serait l’œuvre de Gygès, roi de Lydie (Anatolie, actuelle Turquie) vers 687 avant Jésus-Christ. Cette première monnaie était en électrum, un alliage naturel d’or et d’argent.

L'utilisation de l'or et de l'argent est attesté dans les échanges depuis 4 000 avant Jésus-Christ, mais les premières monnaies apparaissent au VIIe siècle avant notre ère.

Or et argent servent aux échanges dès 4 000 avant notre ère, bien avant les premières monnaies.

Depuis lors, les monnaies ont varié de formes, de taille et de composants. Qu’elles soient de métal et de papier, elles avaient toutes pour caractéristique première de relever de la seule juridiction politique. Sur le plan légal et judiciaire, fabriquer de la fausse monnaie reste encore un crime grave. En France, cette infraction est punie – en octobre 2014 –  par  l’article 442-16 du code pénal de 30 ans d’emprisonnement et de 450 000 euros d’amende. A l’époque médiévale, le faux-monnayage était un crime de lèse-Majesté puni de mort par ébouillantage.

Après la monnaie métallique, il y eut les lettres de change du Moyen-Âge et les billets de banque – connus en Chine depuis le VIIe siècle de notre ère – . Vint ensuite  la monnaie scripturale, soit la matérialisation de la possession de monnaie par une ligne d’écriture sur un livre de compte. Les premières cartes de paiement sont apparues aux Etats-Unis en 1950, et les premières cartes de crédit en 1955 au pays de l’Oncle Sam. Avec l’ère du plastique, les cartes de paiement et de retrait entrent dans le portefeuille des Français en 1967, date de mise en fonctionnement des premiers distributeurs de billets.

Cartes bancaires

La carte bancaire à puce que nous connaissons apparaît en 1974.

La carte à puce que nous connaissons arrive en 1974. Aujourd’hui c@ndides lecteurs, vous avez probablement trois générations de monnaie dans votre portefeuille. La monnaie métallique pour faire l’appoint ou prendre un café le matin à la machine du bureau, les billets de banques et/ou la carte bancaire pour vos dépenses courantes. Avec toutes les modalités de commande et de paiement en ligne, la carte bancaire est devenue le premier échelon de la dématérialisation de la monnaie. Avec tous les avantages et les inconvénients de l’informatisation des données bancaires.

L’heure numérique de la monnaie

A l’ère du smartphone, la présence physique de la carte bancaire n’est plus nécessaire. Des applications comme Lydia permettent de régler dans un commerce avec son téléphone – sans avoir à sortir sa carte – ou de rembourser ses proches via un virement. D’autres  comme Leetchi ou Monnexion sont plus orientées loisir que « m-commerce » ou « commerce sur mobile ». Elles proposent de gérer un budget à plusieurs – pour les vacances ou une cagnotte par exemple – et de rembourser ses proches avec un virement. Vous avez uniquement besoin de vos coordonnées bancaires – mémorisées par l’application – et d’un code de confirmation.

Les applications de paiement sur mobile sont gratuite au téléchargement, mais vous payerez un pourcentage à chaque transaction.

Le téléchargement est gratuit, mais vous payerez une commission à chaque transaction.

Dans un article précédent, je vous mettais en garde, c@ndides lecteurs, contre la sécurité défaillante des cartes de paiement sans contact.  A priori, la problématique de la sécurité de vos données sur une application est différente. Une application est un programme informatique dans votre téléphone. Les développeurs qui les créent sont des informaticiens, parfois ingénieurs. Votre smartphone n’est jamais qu’un mini ordinateur avec lequel vous pouvez téléphoner. Vos données ne sont pas plus en danger que lorsque vous payez en ligne, ou que vous consultez vos comptes sur internet. Si vous perdez votre téléphone, le code de validation est sensé empêcher l’utilisation de l’application de paiement. Ce n’est pas une raison pour négliger la sécurité ! Si votre ordinateur possède un antivirus, votre smartphone aussi en a besoin.

Hacker

Pensez à la sécurité si vous payez avec une application : code de validation, antivirus, etc.

Les banques ont bien compris cette problématique. Elles proposent désormais leurs propres applications à leurs clients. Vous pouvez payer, opérer des virements et consulter votre solde depuis votre smartphone. Voyez par exemple le CIC, la Société Générale, la BNP, le Crédit Agricole ou le LCL. Pour faire plus original sans doute, HelloBank a lancé son application pour smartwatch. Je précise au passage que cet article n’est sponsorisé par aucun de ces établissements. Si la question vous intéresse, je vous conseille de vous renseigner auprès de votre banque ou sur son site internet. Ce genre d’applications s’inscrit dans la continuité naturelle de la numérisation de nos données.

Le Bitcoin, bénédiction ou emballement bidon ?

Jusqu’ici, nous parlons de monnaie dématérialisée, mais il s’agit encore de devises étatiques que vous connaissez : euros, dollars, livres sterling, etc. Il existe un deuxième échelon de la dématérialisation des moyens de paiement : la crypto-monnaie ou monnaie « digitale ». Cette innovation crée de nouveaux systèmes de transaction commerciale, basés sur le peer-to-peer. Les corps intermédiaires garants de la transaction comme la banque ou l’Etat disparaissent, et avec eux les frais de transaction. Pendant ce temps, les dangers liés à la spéculation ou aux malversations financières reviennent par la fenêtre. De quoi interroger les acteurs de l’économie.

les commerces qui acceptent les bitcoins sont référencés sur

Les commerces qui acceptent les bitcoins sont référencés sur lebitcoin.fr

Il s’agit d’argent, donc la question est très sérieuse. Le 23 juillet dernier, le Sénat a publié un rapport sur les monnaies virtuelles (version courte ici) cosigné par deux rapporteurs, le président de la commission des finances Philippe Marini (PS) et François Marc (UMP). La plus connue de toutes ces monnaies virtuelles est le « bitcoin »,  de l’anglais bit qui désigne une unité de mémoire informatique et coin, la pièce de monnaie. Il a été inventé par un Japonais en 1999, mais son véritable essor date de 2009. Les bitcoins sont créés par un réseau de machines décentralisées et toutes les transactions sont enregistrées dans un livre de comptes public qui s’appelle la blockchain. Plus qu’une monnaie, le bitcoin est un protocole technologique.

Il donne ainsi accès à des titres de propriété et des actions avec coloredcoins. Le protocole Bitcoin permet de créer des smart contracts, contrats d’un nouveau genre qui se déclenchent sous certaines conditions. Vous pouvez gérer des noms de domaine avec Namecoin, envoyer des messages cryptés au travers de Bitmessage, certifier un document dans la blockchain grâce à proofofexistence ou créer des services et des réseaux sociaux comme Twister, une sorte de Twitter peer-to-peer. Vous l’avez compris c@ndides lecteurs, le bitcoin est une sorte d’utopie libertarienne. Pas d’autorité centrale, le système est sensé se réguler lui-même. Résultat, le bitcoin reste très volatile. Pas exactement un « placement de bon père de famille ».

Autre particularité qui ne fait pas plaisir aux gouvernements : une monnaie qu’ils ne contrôlent pas échappe aux taxes. Or sur des plateformes comme Paymium, le bitcoin s’acquière et s’échange avec des devises nationales. En octobre 2014, les échanges en bitcoins sont évalués à 5 milliards de dollars US. Certains pays comme la Russie, la Chine ou la Bolivie ont réagi en interdisant les bitcoins sur leur sol. D’autres se sont montrés plus pragmatiques. En août 2013, l’Allemagne a reconnu au bitcoin le statut de monnaie officielle. Ce qui permet au passage à l’administration fiscale outre-Rhin de taxer les bénéfices de ces échanges à hauteur de 25%.

Bitcoin bouton

La France pourrait choisir d’encadrer et de réguler le bitcoin comme en Espagne.

Aux Etats-Unis, le bitcoin bénéficie du statut de bien financier – au même titre que les actions par exemple – ce qui le rend imposable en fonction de sa valeur au moment de l’achat, en raison de sa volatilité. Au Japon, le bitcoin est considéré comme une marchandise. Et en France ? Fidèle à sa tradition interventionniste, notre pays réfléchit à une régulation du bitcoin. En attendant, certains Français sont déjà convaincus. La Maison du bitcoin à Paris est un espace dédié aux entrepreneurs intéressés par le bitcoin. Il est possible d’y suivre des formations ou d’y acquérir ses premiers bitcoin, avec le bon portefeuille.

L’argent numérique n’a pas d’odeur, mais ce n’est pas une raison pour se changer en panier percé !

Mathilde Hodouin

Bonus : Reportage sur la Maison du Bitcoin à Paris.

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À propos MathildeHodouin
Diplômée de l'ESJ Paris // Journaliste @melty passée par @frenchweb // Twitter @MathildeHodouin // Blog : "Le nano web de M@thilde" #internet #numérique #innovation

One Response to Paiement virtuel et crypto-monnaies

  1. A reblogué ceci sur Enjeux des bitcoinet a ajouté:
    Une monnaie fluctuante issue d´un système centralisé

    J'aime

Un commentaire ? Numériquement vôtre, M@thilde.

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