Le numérique et l’automobile, une affaire qui roule ?

Les VTC sont les enfants terribles de l'automobile et du numérique.

Les VTC sont les enfants terribles de l’automobile et du numérique.

VTC, voitures connectées et technologies mobiles embarquées, le numérique transforme notre expérience de l’automobile. Internet s’installe dans l’habitacle, pour le meilleur et pour le pire. Attachez vos ceintures !

A moins que vos n’ayez vécu dans une grotte ces deux dernières semaines, vous avez forcément entendu le bruit des klaxons. Lundi 15 décembre, les taxis parisiens organisaient une opération escargot, avec force revendication. Leur bête noire s’appelle Uber, une société américaine de VTC (Voiture de transport avec Chauffeur) à la politique commerciale particulièrement agressive.

C@ndides lecteurs, vous connaissez sans doute ces applications qui permettent de trouver rapidement un moyens de transport à une heure tardive, quand tous les bus, métro et taxis sont indisponibles. Voire tout simplement lorsque vous êtes ultra pressés. Une belle polémique entre anciens (taxis) et modernes (VTC) qui nous promet de beaux crêpages de chignons en 2015.

Mais le numérique et l’automobile, c’est un peu plus que cela. Et si nous arrêtions un peu ce moteur qui s’emballe pour vérifier ce qu’il en est sous le capot ?

Vers la voiture autonome ?

Le numérique et l’automobile sont deux univers technologiques qui se côtoient depuis longtemps. Cette jonction est devenue logique et nécessaire à partir du moment où l’informatique a envahi tous les aspects de notre vie. Techniquement, « numérique » vient du latin numerus, le nombre. Les ordinateurs actuels ne sont rien d’autre que des machines à calculer améliorées. Les octets et les bits qui servent à mesurer leur puissance sont des unités de codage informatique qui reposent sur le système binaire. En gros, des 0 et des 1.

Le premier ordinateur entièrement électronique et programmable s'appelle ENIAC.

Le premier ordinateur entièrement électronique et programmable est une calculette géante américaine.

Le premier ordinateur électronique et programmable a été créé à l’université de Pennsylvanie en 1946. De son petit nom ENIAC, pour Electronic Numerical Integrator Analyser and Computer. A l’époque, il occupait une surface de 167 mètres carrés et pesait 30 tonnes. L’armée américaine l’a récupéré en 1947 et s’en est servie jusqu’en 1955 pour calculer des trajectoires balistiques. Pourquoi ce cours d’histoire, c@ndides lecteurs ? Pour vous rappeler que le numérique, ce ne sont que des calculs mathématiques qui moulinent pour trouver les solutions à vos problèmes (en théorie). L’un d’entre eux étant « comment faire pour lâcher le volant sans provoquer un carambolage géant ? » Si ça ne vous empêche pas de dormir la nuit, c’est pourtant là que le numérique et l’automobile se rencontrent.

Ouvriers sur une chaîne de montage

L’avenir de l’automobile regarde vers l’électrique et l’électronique, mais la route est encore longue.

Les voitures récentes sont bourrées d’électronique. Il y a les services télématiques – technologies qui associe informatique et télécommunication, le GPS par exemple – et tous les autres systèmes de connectivité mobile embarqués. Par exemple le système Carplay d’Apple, ou l’utilisation de l’application Siri au volant. Le garagiste du XXIe siècle s’est adapté. Il ausculte désormais  les véhicules avec un ordinateur, qu’il branche sur la prise OBD (pour On-Board Diagnostics). Les voleurs de voitures se sont eux aussi adaptés, en devenant des hackers. Selon le laboratoire d’idées Idate, il y aurait en 2014 plus de 45 millions de voitures connectées. D’ici 2018, ce chiffre devrait atteindre les 240 millions de véhicules. Ils vont générer une masse phénoménale de data sur notre conduite, un trésor sur lequel lorgnent déjà les assurances automobiles.

Selon le Hub institut, la part de l'électronique dans les voitures atteint déjà 40%. Ce n'est qu'un début...

Selon le Hub institut, la part de l’électronique dans les voitures atteint déjà 40%. Ce n’est qu’un début…

Vous avez peut-être déjà vu des publicités pour ces voitures qui font les créneaux toutes seules. Valeo et Audi ont présenté ce type de dispositif au CES de Las Vegas de 2013. Mais des marques haut de gammes comme Ford et BMW avaient déjà ouvert la voie. D’ici peu, la population pourrait même ne plus avoir besoin d’apprendre à conduire. De la science-fiction ? Ne riez pas trop fort, c@ndides lecteurs. Google y pense très sérieusement. Vous avez entendu parler de la Google car ? Encore un de ces projets farfelus tout droit sorti du laboratoire secret de Google, comme les Google glasses. Pour l’instant, le projet roule à 40 kilomètres/heure et ne peut transporter que deux passagers. Ici, une vidéo postée en juin 2014, avec les premiers passagers de la Google car :

Peut-être qu’un jour, seuls les pilotes de course auront encore la main complète sur les commandes de leur véhicule. Il y aura alors deux mondes automobiles. L’un toujours aussi dangereux, pour la performance et l’adrénaline. L’autre, sûr et régulé par satellite, pour transporter les personnes d’un point A à un point B. Au moins, on économisera la prévention routière.

Les VTC, un secteur qui recrute :

Vous n’avez pas pu les manquer. Lundi 15 décembre, les taxis parisiens ont organisé une opération escargot entre l’aéroport d’Orly et la capitale. L’objet de leur colère, le prestataire de service VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur) d’Uber. L’entreprise a été créée en 2009 à San Francisco, par les trois entrepreneurs Garrett Camp, Travis Kalanick et Oscar Salazar. Au départ, l’entreprise s’appelait UberCab. L’idée de base est de proposer une application qui fasse venir le taxi jusqu’à vous, plutôt que de courir frénétiquement après eux dans la rue. Le service fonctionne d’abord par textos puis devient très vite une application disponible sous Android et sous iOS. Aujourd’hui, le service se décline en différentes gammes, selon que l’utilisateur souhaite un véhicule normal, une berline haut de gamme, une voiture de luxe ou tout simplement un espace pour un transport de groupe.

Uber joue sur une atmosphère "business chic" avec ses chauffeurs souriant, ses voitures plaisantes et son luxe accessible.

Uber joue sur les clichés du succès, avec chauffeurs souriants, voitures élégantes et confort accessible.

L’intérêt de ce genre de service est évident pour le consommateur. Gain de temps, facilité de paiement via l’application et peut-être aussi satisfaction d’un service jugé plus à l’écoute des attentes du client… Pour éviter qu’un monopole n’en remplace un autre, le gouvernement français a interdit aux VTC de prendre des clients à la volée, privilège encore réservé aux taxis. Sur ce marché, Uber n’est pas seul. D’autres services existent comme AlloCab, LeCab, Chauffeur-Privé, Snapcar ou SocialCab. A Paris et en région parisienne, vous pouvez aussi trouver des acteurs comme Macel.Cab. Personnellement, j’ai testé – et apprécié – le service de CinqS, une jeune start-up VTC spécialisée dans le haut de gamme. Je précise que cet article n’est pas sponsorisé. La société existe depuis début septembre 2014, avec une flotte d’environ 300 véhicules. Pendant le transport, ils mettent une tablette tactile en wifi à la disposition du client. Cela en plus de la bouteille d’eau, ce quasi symbole de la relation client chez les VTC.

Pour se différencier, Cinq S construit une image haut de gamme avec toujours le même modèle de voiture, une Audi 5 noire.

CinqS cultive son image haut de gamme avec toujours le même modèle de voiture, une Audi 5 noire.

Le secteur des VTC est dynamique et en plein essort. Théoriquement, n’importe qui peut exercer ce métier, à condition de posséder son permis de conduire et de s’enregistrer sur le registre d’exploitation des voitures avec chauffeurs. Ce registre compte actuellement plus de 12 000 chauffeurs immatriculés. L’inscription – payante – est valable 5 ans. La compétence de ce registre passera sous la juridiction exclusive du ministère des Transports à partir du 1er janvier 2015. Pour beaucoup de chauffeurs de VTC, cette activité est une reconversion, voire un accès à l’emploi après un parcours professionnel chaotique, ou encore un complément de revenus appréciable. Mais les taxis n’entendent pas se laisser supplanter sans réagir. En plus de l’interdiction de prendre des clients à la volée, ils ont obtenu du gouvernement l’interdiction du service UberPop, normalement effective à partir du 1er janvier 2015.

C'est le service de co-voiturage d'Uber, l'appli UberPop qui cristalise les tensions.

Le service de « co-voiturage » d’Uber, UberPop, cristalise les tensions entre taxis et VTC.

Ce service existait depuis février 2014. Il permet – pour quelques jours encore – aux utilisateurs de devenir chauffeurs VTC le temps d’un trajet, rentabilisé par une contribution financière des passagers. Ce système était présentée comme du covoiturage, mais la justice française en a décrété autrement. Le 16 octobre 2014, Uber a écopé de 100 000 euros d’amende pour « pratiques commerciales trompeuses« . En effet, l’entreprise fait payer le service UberPop en fonction de la distance parcourue au kilomètre. Le tribunal a jugé qu’il s’agissait du règlement d’une course, pas du partage des frais avec ses covoitureurs. Uber a l’habitude des procès et des polémiques. En Inde, suite au viol d’une passagère par un chauffeur employé de la compagnie, l’entreprise américaine a été interdite d’activité à Dehli. En France, Uber a décidé d’utiliser tous les recours légaux à sa disposition pour maintenir UberPop après le 1er janvier 2015.

Le numérique se taille une place de choix dans l’univers de l’automobile. Cette filière d’innovation pourrait devenir dans la prochaine décennie le nouveau carburant de cette industrie.

Mathilde Hodouin

Bonus : l’épisode de décembre 2014 de la web-série Héros du web, consacré aux voitures connectées.

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À propos MathildeHodouin
Diplômée de l'ESJ Paris // Journaliste @melty passée par @frenchweb // Twitter @MathildeHodouin // Blog : "Le nano web de M@thilde" #internet #numérique #innovation

Un commentaire ? Numériquement vôtre, M@thilde.

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